L'Allemagne renoue avec le soutien financier à l'électromobilité : dès 2026, le BAFA (Bundesamt für Wirtschaft und Ausfuhrkontrolle) ouvre les demandes pour une nouvelle aide à l'achat de véhicules électriques, cette fois calibrée selon les revenus du foyer. Une approche inédite outre-Rhin, qui contraste avec la suppression abrupte du bonus en 2023 et qui mérite l'attention des automobilistes suisses, toujours en quête des meilleures conditions pour franchir le pas.
Un dispositif allemand modulé selon les revenus et la situation familiale
Le nouveau programme allemand repose sur une logique de progressivité fiscale, assez éloignée des aides forfaitaires classiques. Pour être éligible, le revenu fiscal annuel du ménage ne doit pas dépasser 80 000 euros, avec une majoration de 5 000 euros par enfant de moins de 18 ans, dans la limite de 90 000 euros au total.
Les montants accordés pour un véhicule 100 % électrique varient entre 3 000 et 6 000 euros, selon une grille à trois paliers :
- Base : 3 000 € pour tout foyer éligible
- +1 000 € si le revenu est inférieur à 60 000 €
- +1 000 € supplémentaires sous le seuil de 45 000 €
- +500 € par enfant à charge, pour deux enfants maximum
Les plug-in hybrides et véhicules à prolongateur d'autonomie (range extender) restent éligibles, mais plafonnés à 4 500 euros. Autre condition à ne pas négliger : le véhicule devra être conservé ou loué pendant au minimum 36 mois après l'octroi de la subvention, sous peine de remboursement.
Suisse : ce que ça change pour les acheteurs locaux
La Suisse ne dispose pas d'un programme fédéral équivalent, mais le tableau des aides cantonales reste attrayant pour qui sait où chercher. À titre d'exemple, le canton de Vaud offre jusqu'à 3 000 CHF de bonus à l'achat d'un véhicule électrique, tout comme le canton de Genève. Le canton de Berne propose quant à lui 2 000 CHF. À ces montants s'ajoutent, dans de nombreux cantons, des exonérations ou réductions significatives de l'impôt annuel sur les véhicules, ce qui allège le coût total de possession sur la durée.
Et le contexte joue en faveur des acheteurs helvétiques. Grâce à un franc suisse fort, les véhicules importés depuis la zone euro — dont l'Allemagne est le premier fournisseur — affichent des prix compétitifs par rapport à leur valeur catalogue en euros. Concrètement, un modèle affiché à 40 000 € en Allemagne peut se révéler plus accessible en CHF qu'il n'y paraît au premier coup d'œil, selon les marges de change du moment.
La Suisse mise par ailleurs sur un réseau de recharge dense dans les grandes agglomérations, notamment via les réseaux SwissCharge et EVPASS. Sans équivalent d'une Zone à Faibles Émissions (ZFE) nationale, la pression réglementaire s'exerce surtout sur les importateurs via l'objectif CO₂ fédéral. L'ambition nationale est claire : atteindre 50 % de nouveaux véhicules électriques d'ici 2030.
TCO : ce que le modèle allemand nous enseigne sur le calcul du coût réel
Le dispositif allemand a le mérite de raisonner en coût total de possession (TCO) plutôt qu'en simple prix d'achat. Une approche que les acheteurs suisses ont tout intérêt à adopter. En combinant un bonus cantonal (jusqu'à 3 000 CHF), une exonération partielle d'impôt véhicule (selon les estimations, entre 200 et 600 CHF par an selon le canton) et un coût énergétique réduit par rapport à l'essence, le différentiel sur 36 mois peut représenter plusieurs milliers de francs d'économies nettes.
La durée minimale de conservation de 36 mois imposée en Allemagne rejoint une logique de bon sens : c'est précisément à partir de cette échéance que le TCO d'un véhicule électrique devient généralement inférieur à celui d'un thermique comparable, grâce aux économies de carburant et d'entretien.
Ce qu'il faut retenir — et faire — si vous êtes en Suisse
Le programme allemand ne s'applique pas directement aux résidents suisses, mais il envoie un signal fort : l'aide à l'achat modulée selon les revenus est une piste sérieuse, et d'autres pays européens pourraient s'en inspirer. En attendant, les acheteurs en Suisse ont un intérêt immédiat à vérifier les aides de leur canton, à comparer le TCO sur 36 à 48 mois et à profiter du contexte de change favorable pour explorer les importations de véhicules neufs depuis la zone euro.
La décision d'achat d'un VE en 2025-2026 n'a jamais été aussi rationnelle financièrement. Il reste à s'assurer de cumuler intelligemment toutes les aides disponibles localement.
D'après Elektroauto News CH