Engie Vianeo, marque française spécialisée dans la mobilité électrique, vient de décrocher une commande colossale : plus de 4 500 points de recharge AC à installer sur le territoire belge. Un signal fort en plein cœur de l'Europe, qui mérite l'attention des automobilistes suisses en pleine réflexion sur le passage à l'électrique.

Un déploiement belge qui change d'échelle

Le contrat remporté par Engie Vianeo se décompose en deux volets distincts. En Wallonie, environ 3 000 bornes de recharge d'une puissance de 22 kW seront déployées sur l'ensemble de la région. En parallèle, 1 640 points de recharge supplémentaires sont prévus pour la Région de Bruxelles-Capitale. Au total, c'est un réseau de plus de 4 500 unités qui verra le jour, dans un pays dont la superficie est comparable à celle de certains cantons suisses cumulés.

La puissance retenue — 22 kW en courant alternatif — est significative : elle permet de recharger une batterie de taille moyenne en deux à quatre heures, idéalement la nuit à domicile ou en journée sur un parking d'entreprise ou de centre-ville. Ce standard AC est aujourd'hui le plus répandu en Europe pour les bornes de proximité, avant tout complément de la recharge rapide DC sur autoroute.

Suisse : ce que ça change pour vous

La Suisse n'a pas attendu la Belgique pour structurer son réseau. Des opérateurs comme SwissCharge ou EVPASS maillent déjà les grandes agglomérations — Zurich, Genève, Lausanne, Berne — d'une infrastructure dense. Mais le déploiement belge illustre une tendance de fond : les pouvoirs publics européens accélèrent massivement les investissements en recharge publique, et la Suisse, bien qu'hors UE, suit une trajectoire similaire sous la pression de ses propres objectifs climatiques.

Rappelons que la Confédération vise 50 % de nouveaux véhicules électriques d'ici 2030, sans ZFE nationale à ce stade, mais avec une pression réelle sur les importateurs via les objectifs CO₂ fédéraux. Concrètement, pour un particulier suisse, cela se traduit par des aides cantonales attractives : jusqu'à 3 000 CHF à Vaud et Genève, 2 000 CHF à Berne, sans compter les exonérations ou réductions d'impôt sur les véhicules dans de nombreux cantons.

Côté budget, le franc fort joue en votre faveur : les véhicules électriques importés de la zone euro restent compétitifs à l'achat. Sur le coût total de possession (TCO), l'avantage de l'électrique se confirme dès que vous ajoutez l'économie sur le carburant (selon les estimations, entre 1 500 et 2 500 CHF par an selon votre kilométrage), la réduction des entretiens mécaniques et les aides cantonales à l'achat.

22 kW AC : un standard à connaître avant d'acheter

Avant de signer pour un véhicule électrique, un détail technique souvent négligé mérite votre attention : la capacité de charge embarquée de votre futur véhicule. Toutes les voitures électriques ne peuvent pas exploiter une borne de 22 kW — certains modèles sont limités à 7,4 kW ou 11 kW en AC. Résultat : si le réseau public monte en gamme (comme en Belgique ou en Suisse), votre voiture doit être capable d'en tirer parti.

Lors de votre prochain essai ou comparatif, vérifiez systématiquement la puissance AC maximale acceptée par le véhicule. Un chargeur embarqué de 11 kW minimum est aujourd'hui conseillé pour rester compatible avec l'évolution des infrastructures publiques en Europe.

Ce que vous devriez faire maintenant

L'accélération des déploiements en Europe — dont celui d'Engie Vianeo en Belgique — confirme que l'écosystème de la recharge se densifie rapidement. En Suisse, les conditions sont déjà réunies pour passer à l'électrique sereinement : aides cantonales disponibles, réseau urbain fiable, fiscalité avantageuse et prix compétitifs grâce au CHF. Renseignez-vous auprès de votre canton dès aujourd'hui pour connaître le montant exact de votre bonus, et comparez les offres en tenant compte du TCO sur 4 à 5 ans — vous pourriez être surpris par les chiffres.

D'après Electrive EU (BE)