Les vacances d'été approchent, et pour les professionnels belges qui gèrent une flotte ou envisagent de renouveler un véhicule de société, une question revient : vaut-il mieux partir avec une voiture électrique ou diesel sur les longs trajets européens ? Des données comparatives récentes sur les routes estivales 2026 donnent des éléments de réponse concrets — et les chiffres parlent clairement en faveur de l'électrique.
Des écarts de coût significatifs sur les routes estivales
Sur les grands corridors autoroutiers empruntés chaque été par des millions de conducteurs, la différence de coût entre un véhicule électrique et un diesel est loin d'être anecdotique. Voici ce que révèlent les comparaisons pour les départs depuis la Belgique et les pays voisins :
- Bruxelles – Nice (1 120 km) : 136 € en électrique contre 178 € en diesel, soit 42 € d'économie par trajet.
- Bruxelles – Barcelone (1 270 km) : 156 € en électrique contre 202 € en diesel, soit 46 € d'économie.
- Luxembourg – Nice (1 050 km) : 127 € en électrique contre 167 € en diesel, soit 40 € d'économie.
Sur un aller-retour, ces écarts doublent. Pour une flotte de dix véhicules effectuant régulièrement ce type de déplacement, l'économie annuelle peut rapidement dépasser plusieurs milliers d'euros. Et ce, sans compter l'évolution probable des prix du carburant à la pompe, historiquement plus volatils que les tarifs de recharge.
Côté infrastructure, le réseau Ionity couvre désormais l'ensemble des grands corridors autoroutiers européens avec une station environ tous les 120 km, ce qui rend les longs trajets en électrique nettement plus sereins qu'il y a encore deux ou trois ans.
Belgique : ce que ça change pour les entreprises
Au-delà des économies à la borne, le contexte belge offre un ensemble d'avantages fiscaux et d'aides régionales qui renforcent considérablement l'intérêt du passage à l'électrique pour les professionnels.
Sur le plan fiscal : les véhicules zéro émission achetés jusqu'en 2027 bénéficient d'une déductibilité fiscale à 100 % pour les entreprises belges. C'est un levier majeur dans le calcul du TCO (coût total de possession), en particulier pour les PME et les indépendants assujettis à l'impôt des sociétés. À cela s'ajoute un avantage ATN (avantage de toute nature) fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège la facture fiscale tant pour l'employeur que pour le salarié bénéficiaire.
Sur le plan des aides à l'achat : selon votre région d'implantation, des primes complémentaires peuvent s'appliquer :
- Wallonie : prime PIVERT jusqu'à 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf.
- Bruxelles : prime régionale jusqu'à 4 000 €.
- Flandre : prime Ecoscore progressive selon le niveau d'émissions du véhicule.
Sur le plan réglementaire : les zones à basses émissions (LEZ) sont déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions prévues. Les entreprises qui tardent à électrifier leur flotte s'exposent à des restrictions croissantes de circulation dans ces zones. Par ailleurs, dès 2030, les entreprises auront l'obligation de disposer d'une infrastructure de recharge sur site. Anticiper cet investissement dès aujourd'hui permet d'en étaler le coût et de bénéficier des conditions fiscales actuelles.
TCO : l'électrique gagne sur la durée
Les économies à la recharge ne sont que la partie visible de l'iceberg. Sur l'ensemble du cycle de vie d'un véhicule professionnel, le TCO d'un électrique intègre également des coûts d'entretien généralement inférieurs (moins de pièces mécaniques sollicitées, pas de vidange, freinage régénératif qui préserve les plaquettes), une fiscalité allégée et des aides à l'achat qui réduisent le prix d'entrée effectif. Pour un gestionnaire de flotte, l'analyse doit impérativement intégrer toutes ces dimensions — et pas seulement le prix d'achat affiché.
À titre d'exemple, sur un véhicule à 45 000 € catalogue, une déductibilité à 100 % combinée à une prime PIVERT de 4 500 € et à une TVA récupérable peut réduire le coût net réel de façon substantielle. Selon les estimations courantes du secteur, le TCO d'un véhicule électrique devient compétitif face au diesel dès la troisième année d'utilisation intensive.
Ce qu'il faut faire maintenant
Pour les PME, artisans et gestionnaires de flotte belges, la fenêtre d'opportunité est clairement ouverte — mais elle ne le sera pas indéfiniment. La déductibilité à 100 % court jusqu'en 2027, les primes régionales sont soumises à des enveloppes budgétaires, et les exigences réglementaires (LEZ, infrastructure de recharge) vont se durcir. Passer à l'électrique aujourd'hui, c'est bénéficier du meilleur cadre fiscal tout en prenant de l'avance sur des contraintes inévitables.
Commencez par auditer votre flotte actuelle : quels véhicules font des trajets longs ? Lesquels circulent en zone LEZ ? Quels postes de charge pourraient être installés sur votre site ? Ces trois questions suffisent à dessiner une feuille de route réaliste et rentable.
D'après Electrive EN