GLS Canada franchit un cap concret dans l'électrification de ses opérations logistiques : quatre camions terminaux électriques Orange EV HUSK-e sont désormais actifs à Montréal, Toronto et Winnipeg. Pour les gestionnaires de flottes et les décideurs de PME canadiennes, ce déploiement illustre avec des chiffres solides ce que la transition peut rapporter — au-delà des arguments environnementaux.
Un camion terminal électrique, c'est quoi exactement ?
Les camions de terminal — aussi appelés « yard trucks » ou « spotters » — sont ces véhicules lourds qui manœuvrent les semi-remorques dans les cours de distribution, 24 h sur 24 dans certains cas. Leur profil d'utilisation est idéal pour l'électrification : cycles courts, retours fréquents à la base, et une consommation de carburant thermique qui peut s'avérer très élevée sur deux quarts de travail.
Le modèle HUSK-e d'Orange EV embarque une batterie de 243 kWh et affiche une capacité de poids brut combiné de 180 000 livres (environ 81 600 kg). La technologie a déjà accumulé plus de 12 millions d'heures de fonctionnement et plus de 50 millions de kilomètres en Amérique du Nord — des chiffres qui rassurent sur la maturité de la plateforme.
Le chiffre qui parle : jusqu'à 120 000 $ CAD d'économies par an
C'est le bénéfice potentiel annoncé par le fabricant pour certaines opérations à deux quarts, en combinant les économies de carburant et de maintenance. Même en retenant une hypothèse plus conservatrice, le retour sur investissement mérite une analyse sérieuse.
Sur le plan environnemental, chaque camion HUSK-e élimine entre 80 et 90 tonnes de CO₂ par année selon Orange EV. Pour une flotte de quatre unités comme celle de GLS Canada, cela représente potentiellement 360 tonnes de CO₂ évitées annuellement — un argument de poids dans les rapports ESG et les appels d'offres publics, de plus en plus exigeants au Canada.
À titre de comparaison sectorielle, Coca-Cola Canada Bottling a adopté une démarche similaire à Montréal, avec un camion terminal électrique et six camions de livraison classe 8, auxquels s'ajoutent neuf unités supplémentaires pour le Québec et Vancouver. L'électrification lourde n'est plus un projet pilote : elle devient une norme concurrentielle.
Canada : ce que ça change pour votre flotte
GLS Canada aligne désormais 42 véhicules électriques et à faibles émissions dans l'ensemble du pays, soutenus par 60 bornes de recharge combinant niveau 2 et recharge rapide DC. Cette infrastructure démontre qu'un déploiement multi-sites est faisable — à condition d'anticiper.
Du côté des aides financières disponibles pour les entreprises canadiennes :
- Programme fédéral iVZEV : jusqu'à 5 000 $ CAD pour les véhicules légers éligibles ; les véhicules lourds zéro émission bénéficient de programmes ciblés via Ressources naturelles Canada — renseignez-vous auprès de votre concessionnaire ou de votre conseiller fiscal.
- Québec — Roulez vert : jusqu'à 8 000 $ CAD, cumulable avec les aides fédérales pour les véhicules admissibles.
- Colombie-Britannique — CleanBC : jusqu'à 4 000 $ CAD de rabais sur l'achat.
- Ontario : aucune aide provinciale directe depuis 2018, mais la pression politique pour une réintroduction est réelle — à surveiller.
Deux défis restent spécifiques au contexte canadien. D'abord, la question du grand froid : à -30 °C, l'autonomie des batteries peut diminuer significativement. Pour des camions de terminal utilisés en milieu fermé ou semi-couvert, cet impact est toutefois moindre que pour les véhicules longue distance. Ensuite, les grandes distances inter-villes exigent une planification rigoureuse de l'infrastructure de recharge — un enjeu moins critique pour les opérations de cour, qui restent sur site.
Ce que les gestionnaires de flottes doivent faire maintenant
L'exemple de GLS Canada illustre une stratégie pragmatique : commencer par les véhicules aux cycles d'usage les plus prévisibles (les camions de terminal), mesurer les économies réelles, puis étendre l'électrification. Pour les PME et les opérateurs logistiques canadiens, voici les étapes concrètes à enclencher :
- Auditer votre cour : identifiez quels véhicules font le plus de kilomètres sur site et consomment le plus en carburant.
- Calculer votre TCO sur 5 ans : intégrez les aides disponibles dans votre province, le coût de l'électricité locale et les économies de maintenance prévisibles.
- Planifier l'infrastructure de recharge : une borne DC rapide sur site peut transformer la rentabilité d'un projet.
- Anticiper les obligations réglementaires : les normes fédérales sur les émissions des véhicules lourds se durcissent progressivement — agir maintenant, c'est prendre une avance stratégique.
La transition électrique dans le transport lourd n'est plus une question de si, mais de quand — et les leaders du secteur sont déjà en mouvement.
D'après Electric Autonomy CA