L'industrie automobile allemande tire la sonnette d'alarme sur l'emploi, tandis que ses propres champions — BMW et Mercedes — publient des chiffres électriques qui contredisent le discours catastrophiste. Pour les gestionnaires de flottes et les PME en Belgique, ce paradoxe mérite d'être lu à tête reposée : il dit beaucoup sur la direction que prend réellement le marché.

Le VDA entre légitime inquiétude et demande contestée

La fédération allemande de l'automobile, le VDA, brandit un chiffre qui fait froid dans le dos : 125 000 emplois supplémentaires pourraient disparaître dans l'industrie automobile allemande d'ici 2035. Une alerte d'autant plus sérieuse qu'elle s'ajoute aux 100 000 postes déjà perdus depuis 2019. Dans ce contexte, le VDA défend le principe de Technologieoffenheit — la neutralité technologique — qui consiste à ne pas fermer la porte aux carburants synthétiques ou à d'autres alternatives à l'électrique.

Le problème ? Cette position est de plus en plus perçue comme un argument dilatoire par ses détracteurs, alors même que les constructeurs membres du VDA accélèrent massivement sur l'électrique. La contradiction est difficile à ignorer.

BMW et Mercedes : les chiffres qui relativisent le discours

Les résultats du premier trimestre 2026 sont éloquents. BMW a augmenté ses livraisons globales en Europe de 3%, mais c'est surtout la dynamique électrique qui retient l'attention : les commandes de véhicules électriques BMW en Europe ont bondi de 40% par rapport à la même période de l'année précédente. En Allemagne spécifiquement, la croissance totale des livraisons atteint 10,7%.

Du côté de Mercedes, même tendance : +34% de ventes électriques en Europe, +36% en Allemagne. Ces chiffres ne correspondent pas à l'image d'une industrie en déroute face à la transition — ils décrivent au contraire des constructeurs premium qui ont choisi leur camp.

À l'autre bout du monde, la Chine offre un signal encore plus fort : 61,4% des ventes automobiles en avril correspondaient à des véhicules électriques ou hybrides rechargeables. Volkswagen, qui tarde à pivoter, en paie le prix : -14,8% de ventes en volume sur ce marché. La leçon est claire — hésiter sur l'électrique, c'est concéder du terrain à ceux qui ne doutent pas.

Belgique : ce que ça change pour votre flotte ou votre entreprise

Pour les PME, artisans et gestionnaires de flottes belges, ce contexte européen renforce une réalité locale déjà très favorable à l'électrique. Voici ce qu'il faut avoir en tête :

  • Déductibilité fiscale à 100% pour tout véhicule zéro émission acheté jusqu'en 2027. C'est un avantage TCO immédiat, difficile à ignorer dans un calcul de rentabilité.
  • Avantage en nature (ATN) fortement réduit pour les voitures de société électriques : la charge fiscale sur les véhicules de société penche clairement en faveur de l'électrique.
  • Primes régionales cumulables : jusqu'à 4 500 € en Wallonie via le dispositif PIVERT, jusqu'à 4 000 € à Bruxelles. En Flandre, la prime Ecoscore récompense les véhicules à faibles émissions de manière progressive.
  • LEZ (Low Emission Zones) déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions prévues : rouler en thermique dans ces zones deviendra progressivement plus contraignant et coûteux.
  • Obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030 : anticiper cette obligation aujourd'hui, c'est lisser l'investissement et éviter une mise en conformité forcée en urgence.

Sur le plan du TCO, selon les estimations actuelles, un véhicule électrique de segment professionnel amorti sur 4 ans avec les aides belges disponibles peut présenter un coût total inférieur à un équivalent diesel, notamment grâce aux économies sur le carburant et l'entretien réduit.

Ce que vous devriez faire maintenant

Le débat sur la neutralité technologique continuera d'agiter les cercles industriels allemands — mais pendant ce temps, le marché avance. BMW prend 40% de commandes supplémentaires en électrique. Mercedes enregistre +34% en Europe. La Chine a déjà basculé à plus de 60%.

Pour une PME ou un gestionnaire de flotte belge, la fenêtre fiscale actuelle — déductibilité à 100%, primes régionales, ATN favorable — ne sera pas éternelle. Agir avant fin 2027 pour les achats, et avant 2030 pour l'infrastructure, c'est sécuriser un avantage compétitif réel. Demandez un audit TCO à votre conseiller mobilité ou à votre leaser : les chiffres, dans votre cas précis, pourraient vous surprendre.

D'après Elektroauto News CH