Un rapport de l'organisation Transport & Environment (T&E) tire la sonnette d'alarme : si l'Union européenne assouplit ses objectifs climatiques pour les voitures, jusqu'à 34 gigafactories de batteries — de la taille de Northvolt — pourraient disparaître du paysage industriel européen. Pour les gestionnaires de flottes et les PME belges qui planifient leur transition, ce signal mérite une attention immédiate.
Un bras de fer politique aux conséquences industrielles massives
Au cœur du débat européen : la fraction conservatrice EVP au Parlement européen pousse pour un assouplissement des normes CO₂ applicables aux flottes automobiles, allant plus loin que ce que la Commission européenne elle-même propose. T&E chiffre les conséquences potentielles de cette orientation de manière édifiante.
Selon leurs projections, la production de véhicules électriques en Europe pourrait être réduite de moitié d'ici 2030 en cas de relâchement des objectifs. Résultat : 34 usines de batteries, comparables en taille à l'emblématique Northvolt suédoise, seraient menacées de ne jamais voir le jour sur le continent. À cela s'ajouterait une facture supplémentaire d'environ 50 milliards d'euros en importations de pétrole pour l'Europe, selon la même analyse. La dépendance énergétique, que la crise de 2022 avait mise en lumière, repartirait de plus belle.
Pourquoi la chaîne de valeur batterie est stratégique pour les flottes
Pour un artisan ou un gestionnaire de flotte belge, la question peut sembler abstraite. Elle ne l'est pas. Une industrie européenne de la batterie solide, c'est la garantie de prix compétitifs sur les véhicules électriques, de délais de livraison raisonnables et d'une offre locale élargie — du fourgon de chantier au break commercial. À l'inverse, un repli industriel européen renforcerait la dépendance vis-à-vis des constructeurs asiatiques, avec les aléas logistiques et de prix que cela implique.
La batterie représente aujourd'hui entre 30 et 40 % du coût d'un véhicule électrique selon les estimations du secteur. Toute perturbation de la chaîne d'approvisionnement ou absence d'économies d'échelle européennes se répercuterait mécaniquement sur le coût total de possession (TCO), indicateur clé pour toute décision de flotte professionnelle.
Belgique : ce que ça change pour votre flotte dès maintenant
Quelle que soit l'issue du débat bruxellois, une certitude s'impose : le cadre fiscal et réglementaire belge actuel est le plus favorable de la décennie pour électrifier votre flotte. Voici pourquoi agir maintenant est une stratégie rationnelle :
- Déductibilité fiscale à 100 % pour tout véhicule zéro émission acheté jusqu'en 2027 — un levier puissant pour réduire le coût net d'acquisition pour les sociétés.
- ATN (avantage de toute nature) très réduit pour les voitures de société électriques, allégeant la charge fiscale des dirigeants et employés bénéficiaires.
- Primes régionales cumulables : jusqu'à 4 500 € en Wallonie via la prime PIVERT, jusqu'à 4 000 € à Bruxelles, et une prime Ecoscore progressive en Flandre selon les émissions du véhicule.
- Zones à basses émissions (LEZ) déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions prévues : les véhicules thermiques anciens seront progressivement bannis, rendant toute flotte non électrifiée vulnérable sur ces marchés urbains.
- Obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030 : anticiper cette échéance, c'est lisser l'investissement et éviter une mise en conformité coûteuse en urgence.
Concrètement, pour une PME qui acquiert un utilitaire électrique à 45 000 € en Wallonie, entre la déductibilité fiscale, la prime PIVERT et l'économie sur le carburant (selon les estimations, un VUL électrique coûte 3 à 5 fois moins cher au kilomètre énergétique qu'un diesel équivalent), le TCO réel sur 4 ans peut s'avérer inférieur à celui d'un véhicule thermique comparable.
Conclusion : ne pas attendre que l'Europe tranche
Le débat sur les normes CO₂ européennes va se poursuivre pendant des mois. Mais les avantages fiscaux belges, eux, ont une date de péremption : la déductibilité à 100 % s'applique aux achats réalisés jusqu'en 2027. Pour les gestionnaires de flottes et les dirigeants de PME, la fenêtre d'opportunité est ouverte — et elle se referme. Consultez votre conseiller fiscal ou votre gestionnaire de parc pour simuler votre TCO électrique dès à présent. Les chiffres pourraient vous surprendre.
D'après Elektroauto News CH