Le constructeur chinois BYD ne se contente plus d'exporter : il veut produire directement en Europe. Des négociations seraient en cours avec le groupe Stellantis pour racheter certaines de ses usines sur le continent. Pour les acheteurs suisses en quête d'un véhicule électrique abordable, ce mouvement stratégique pourrait changer la donne bien plus vite qu'on ne le croit.
Une stratégie d'implantation continentale accélérée
BYD a déjà franchi un premier cap décisif avec l'annonce d'une usine en Hongrie, qui doit lui permettre de contourner les droits de douane additionnels imposés par l'Union européenne sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. Mais reprendre des infrastructures industrielles existantes — celles de Stellantis, groupe en pleine restructuration — représenterait un saut qualitatif supplémentaire : capacités de production immédiates, main-d'œuvre formée, réseaux logistiques déjà en place.
Cette approche pragmatique illustre la vitesse d'exécution du constructeur de Shenzhen. Là où d'autres marques ont mis des années à poser la première pierre d'une gigafactory, BYD pourrait se retrouver opérationnel en Europe en quelques trimestres. Les implications pour la compétitivité tarifaire de ses modèles sont directes : une voiture assemblée en Europe échappe aux surtaxes douanières, ce qui se répercute — selon les estimations — sur le prix final à la vente.
Stellantis : cession d'actifs ou nouveau partenariat ?
Du côté de Stellantis, la situation est plus contrastée. Le groupe, qui rassemble des marques comme Peugeot, Fiat, Opel ou Citroën, traverse une période de transition industrielle difficile. Plusieurs sites européens fonctionnent en deçà de leur capacité, fragilisés par la baisse des volumes et les incertitudes sur le calendrier de l'électrification. Céder ou louer ces usines à BYD pourrait représenter une bouffée d'oxygène financière, tout en maintenant des emplois industriels locaux — un argument politique non négligeable dans plusieurs pays membres de l'UE.
La nature exacte de l'accord potentiel — cession pure, co-entreprise ou contrat de sous-traitance — n'est pas encore connue. Mais quelle que soit la forme juridique retenue, l'arrivée de BYD dans l'appareil industriel européen constituerait une rupture symbolique et économique majeure.
Suisse : ce que ça change pour les acheteurs de véhicules électriques
La Suisse n'est pas membre de l'Union européenne, mais elle en est économiquement très proche. La force du franc suisse rend déjà les véhicules importés de la zone euro relativement compétitifs. Si BYD produit demain en Europe, ses modèles électriques pourraient atteindre des niveaux de prix encore plus attractifs pour les consommateurs helvétiques, réduisant l'écart avec les marques premium installées.
Dans ce contexte, les aides cantonales disponibles en Suisse prennent tout leur sens. Les cantons de Vaud et Genève offrent chacun 3 000 CHF de bonus à l'achat d'un véhicule électrique, tandis que le canton de Berne propose 2 000 CHF. À cela s'ajoutent les exonérations ou réductions d'impôt sur les véhicules dans de nombreux cantons, qui allègent significativement le coût total de possession (TCO) sur la durée.
Sur le plan du TCO justement, une berline électrique du segment C achetée avec ces aides, rechargée sur le réseau dense de SwissCharge ou EVPASS, et exonérée de l'impôt cantonal sur les véhicules, peut s'avérer moins coûteuse qu'un équivalent thermique sur cinq ans — selon les estimations habituelles du secteur. L'arrivée de nouveaux modèles BYD fabriqués en Europe ne ferait qu'amplifier cette tendance, en élargissant l'offre dans les gammes intermédiaires encore sous-représentées.
La Confédération vise par ailleurs 50 % de véhicules neufs électriques d'ici 2030, avec une pression croissante sur les importateurs via les objectifs CO₂ fédéraux. Dans ce cadre, davantage de concurrence entre constructeurs est une bonne nouvelle pour le consommateur : elle pousse les prix à la baisse et élargit le choix.
Ce que vous devez faire maintenant
Si vous envisagez de passer à l'électrique en Suisse dans les prochains mois, voici les actions concrètes à engager dès aujourd'hui :
- Vérifiez les aides de votre canton : les bonus varient et certains sont soumis à des plafonds de revenus ou de prix du véhicule.
- Comparez le TCO sur 5 ans, en intégrant l'exonération de l'impôt cantonal et le coût de recharge à domicile ou sur réseau public.
- Suivez l'offre BYD en Suisse : la marque est déjà disponible via des importateurs locaux, et son catalogue s'élargit rapidement.
- Ne tardez pas trop : certains bonus cantonaux sont soumis à enveloppes budgétaires annuelles et peuvent être épuisés en cours d'année.
L'arrivée d'une production européenne BYD n'est pas encore actée, mais elle se profile. Les acheteurs suisses qui anticipent cette évolution auront une longueur d'avance.
D'après Automobile Propre