Le géant chinois BYD ne se contente plus d'exporter vers l'Europe : il veut y produire. En négociant l'acquisition d'usines inutilisées auprès de constructeurs comme Stellantis, BYD dessine une nouvelle carte industrielle de l'électromobilité européenne. Pour les particuliers belges en quête d'un véhicule électrique abordable, c'est une évolution à suivre de très près.
Une offensive industrielle pour contourner les droits de douane
Depuis l'instauration par l'Union européenne de droits de douane renforcés sur les véhicules électriques importés de Chine, les constructeurs chinois ont dû revoir leur stratégie d'entrée sur le marché européen. BYD a opté pour la voie la plus directe : produire sur le sol européen. Le constructeur dispose déjà de deux usines en cours de construction, l'une en Hongrie à Szeged, l'autre en Turquie.
L'usine hongroise de Szeged est particulièrement significative : avec une capacité annuelle annoncée de 300 000 véhicules, elle est destinée à assembler les modèles Dolphin Surf et Atto 2, deux modèles compacts positionnés sur le segment entrée/milieu de gamme, directement en concurrence avec la Renault 5 E-Tech ou la Volkswagen ID.3. En parallèle, BYD négocie le rachat d'usines inutilisées auprès de plusieurs constructeurs, dont Stellantis — un signal fort de la recomposition en cours dans l'industrie automobile européenne.
Ce mouvement n'est pas isolé : Nissan et le constructeur chinois Chery discutent eux aussi d'un partage de l'usine de Sunderland au Royaume-Uni, tandis que Stellantis a déjà annoncé un plan de coopération renforcée avec Leapmotor, impliquant deux usines espagnoles pour produire des véhicules électriques de la marque chinoise. La tendance est claire : l'Europe devient un terrain de production, et non plus seulement un marché d'exportation.
Belgique : ce que ça change pour vous
Pour un particulier belge, cette évolution industrielle a des implications concrètes. Une production européenne de BYD signifie potentiellement des prix de vente plus compétitifs, les droits de douane n'étant plus applicables aux véhicules assemblés dans l'UE. Combinés aux aides disponibles en Belgique, les calculs de TCO (coût total de possession) deviennent particulièrement attractifs.
- Wallonie : la prime PIVERT peut atteindre 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf, sous conditions de revenus.
- Bruxelles : une prime régionale pouvant aller jusqu'à 4 000 € est accessible aux résidents de la Région Bruxelles-Capitale.
- Flandre : le bonus Ecoscore module l'avantage selon le niveau d'émissions, favorisant les véhicules zéro émission.
- Fiscalité : les véhicules zéro émission bénéficient d'une déductibilité fiscale à 100 % pour les indépendants et sociétés jusqu'en 2027 — un argument fort si vous achetez en tant qu'indépendant.
Par exemple, un modèle comme le BYD Atto 2, dont le prix de lancement en Europe est attendu sous la barre des 30 000 €, pourrait revenir à moins de 26 000 € après déduction de la prime PIVERT en Wallonie. Ajoutez à cela un coût énergétique moyen deux à trois fois inférieur à celui d'un thermique sur 15 000 km/an, et le TCO devient difficilement contestable.
Les zones de basses émissions (LEZ) de Bruxelles, Anvers et Gand — dont l'extension est prévue — renforcent encore l'urgence du passage à l'électrique pour les automobilistes qui circulent régulièrement en milieu urbain.
Un marché en recomposition : ce que l'acheteur belge doit anticiper
L'arrivée de BYD dans une logique de production locale va inévitablement accentuer la pression concurrentielle sur les marques européennes et coréennes déjà présentes sur le marché belge. Pour le consommateur, c'est une bonne nouvelle : davantage d'offres, des prix potentiellement plus bas, et des délais de livraison réduits grâce à une chaîne logistique raccourcie.
Cela dit, quelques points de vigilance s'imposent. Le réseau de service après-vente de BYD en Belgique reste encore en phase de déploiement. Avant tout achat, il est prudent de vérifier la couverture de garantie, la disponibilité des pièces et la proximité d'un centre agréé dans votre région.
Conclusion actionnable : Si vous envisagez de passer à l'électrique dans les 12 à 24 prochains mois, cette recomposition industrielle joue en votre faveur. Comparez dès maintenant les offres disponibles sur le marché belge, sollicitez votre prime régionale avant toute modification de plafond, et gardez un œil sur les nouveaux modèles BYD produits en Europe : ils pourraient redéfinir le rapport qualité-prix sur votre prochain achat.
D'après Elektroauto News CH