Le constructeur chinois BYD ne se contente plus d'exporter ses véhicules électriques vers l'Europe : il veut désormais les y produire. Des discussions sont en cours avec Stellantis pour reprendre certaines de ses usines européennes, une démarche qui pourrait transformer durablement le paysage automobile du continent. Pour les acheteurs belges en quête d'un véhicule électrique, cette évolution mérite qu'on s'y attarde sérieusement.
BYD accélère : de l'exportation à la production locale
Jusqu'ici, BYD inondait l'Europe de véhicules fabriqués en Chine, s'exposant ainsi aux droits de douane supplémentaires imposés par la Commission européenne depuis 2024. La stratégie change de braquet : le constructeur est sur le point de lancer une usine en Hongrie, et il lorgne désormais sur les sites industriels que Stellantis — groupe en pleine restructuration — envisage de céder ou de fermer.
Reprendre des usines existantes, c'est gagner un temps précieux. Infrastructures en place, main-d'œuvre formée, réseaux logistiques opérationnels : BYD pourrait ainsi contourner les obstacles réglementaires liés aux importations et proposer des véhicules estampillés "Made in Europe". Une étiquette qui, au-delà du symbole, a une incidence directe sur les prix de vente et l'éligibilité à certaines aides publiques.
Un marché européen en pleine recomposition
Ce rapprochement potentiel entre un géant chinois en pleine ascension et un groupe européen sous pression illustre une tendance de fond : la transition électrique redistribue les cartes industrielles. Stellantis, qui possède des marques comme Citroën, Opel ou Fiat, traverse une période de contraction de ses volumes de production. Céder des usines à BYD lui permettrait de soulager son bilan tout en maintenant une activité économique sur ces sites.
Pour le consommateur européen, cette recomposition pourrait se traduire par une offre électrique plus diversifiée et, selon les estimations des analystes du secteur, potentiellement plus compétitive sur les prix. La concurrence accrue entre constructeurs asiatiques et européens joue historiquement en faveur du pouvoir d'achat des ménages.
Belgique : ce que ça change pour vous
La Belgique dispose aujourd'hui d'un des environnements fiscaux les plus favorables d'Europe pour l'achat d'un véhicule électrique. Si BYD parvient à produire en Europe, ses modèles pourraient devenir éligibles à l'ensemble des dispositifs d'aide belges, actuellement soumis à des conditions d'origine.
- Déductibilité fiscale à 100 % pour les véhicules zéro émission achetés jusqu'en 2027 — un avantage considérable pour les indépendants et professions libérales.
- ATN (Avantage de Toute Nature) réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège significativement la fiscalité personnelle des salariés bénéficiant d'un leasing.
- Prime PIVERT en Wallonie : jusqu'à 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf, sous conditions de revenus.
- Prime régionale à Bruxelles : jusqu'à 4 000 € pour les particuliers optant pour un véhicule zéro émission.
- Prime Ecoscore en Flandre : calculée de manière progressive selon le niveau d'émissions du véhicule choisi.
À cela s'ajoute la pression croissante des LEZ (Low Emission Zones) à Bruxelles, Anvers et Gand, dont l'extension est programmée. Rouler en thermique dans ces zones deviendra de plus en plus coûteux — voire impossible. Et dès 2030, les entreprises auront l'obligation d'équiper leurs parkings d'infrastructures de recharge. Autant de signaux qui rendent le passage à l'électrique non plus optionnel, mais stratégique.
Sur le plan du TCO (coût total de possession), un véhicule électrique de segment C acheté en Wallonie avec la prime PIVERT peut afficher, sur 5 ans, un coût global inférieur à un équivalent thermique, en intégrant les économies de carburant, l'entretien allégé et les avantages fiscaux. L'arrivée de modèles BYD produits localement — et donc potentiellement moins taxés à l'import — pourrait encore améliorer cette équation.
Ce qu'il faut faire maintenant
Même si les négociations BYD-Stellantis n'en sont qu'à leurs prémices, la tendance est claire : l'offre électrique va s'élargir et les prix vont progressivement baisser. En Belgique, les incitants fiscaux les plus généreux sont limités dans le temps — la déductibilité à 100 % court jusqu'en 2027. Attendre la production européenne de BYD pour faire votre choix, c'est risquer de manquer une fenêtre fiscale avantageuse.
Comparez les modèles disponibles dès aujourd'hui, simulez votre TCO avec les primes de votre région, et anticipez les contraintes des LEZ si vous résidez ou travaillez à Bruxelles, Anvers ou Gand. La transition n'est plus une option — autant en tirer le meilleur parti financier possible.
D'après Automobile Propre