Engie Vianeo, acteur français de la recharge pour véhicules électriques, vient de remporter deux contrats d'envergure en Belgique, totalisant plus de 4 500 points de recharge AC. Un signal fort venu du cœur de l'Europe qui intéresse directement les professionnels suisses : PME, artisans et gestionnaires de flottes qui hésitent encore à franchir le cap de l'électrique devraient y lire une accélération inévitable du marché.
Ce que représente réellement ce déploiement
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : environ 3 000 bornes de recharge à 22 kW seront installées en Wallonie, et 1 640 points de recharge supplémentaires viendront équiper la Région de Bruxelles-Capitale. Au total, c'est plus de 4 500 points d'accès à la recharge AC qui structureront deux grandes régions belges dans les prochains mois.
La puissance retenue — 22 kW en courant alternatif — est particulièrement pertinente pour un usage professionnel. Elle permet à un véhicule utilitaire léger ou à une voiture de société de récupérer l'essentiel de son autonomie pendant une nuit ou une journée de travail, sans recourir à la charge rapide DC coûteuse en infrastructure. C'est précisément le profil d'usage qui correspond aux flottes de PME et d'artisans.
Pour Engie Vianeo, marque française opérant à l'échelle européenne, ce contrat illustre une tendance de fond : les pouvoirs publics ne tergiversent plus, ils commandent à grande échelle. Le secteur privé, lui, doit s'adapter ou risquer d'être dépassé par ses concurrents déjà électrifiés.
Suisse : ce que ça change pour votre flotte
La Suisse n'est pas la Belgique, mais les dynamiques convergent. Le pays ne dispose pas de Zone à Faibles Émissions (ZFE) au niveau national, mais la pression réglementaire sur les importateurs s'intensifie avec un objectif CO₂ fédéral contraignant. Concrètement, pour une PME ou un artisan qui renouvelle sa flotte, le choix du thermique devient chaque année plus risqué financièrement — entre la dépréciation accélérée des véhicules à combustion et les contraintes d'accès à certaines zones urbaines.
Côté aides, la Suisse offre un contexte favorable que beaucoup de professionnels sous-estiment encore :
- Canton de Vaud : jusqu'à 3 000 CHF de bonus à l'achat d'un véhicule électrique
- Canton de Genève : jusqu'à 3 000 CHF de subvention cantonale
- Canton de Berne : jusqu'à 2 000 CHF d'aide disponible
- Exonération ou réduction de l'impôt cantonal sur les véhicules dans de nombreux cantons, représentant selon les estimations plusieurs centaines de francs d'économies annuelles
À cela s'ajoute un avantage structurel souvent négligé : le franc suisse fort rend les véhicules électriques importés de la zone euro mécaniquement plus accessibles à l'achat. Et le réseau de recharge suisse — SwissCharge, EVPASS et d'autres opérateurs — couvre déjà densément les grandes agglomérations, limitant l'anxiété d'autonomie sur les trajets professionnels courants.
TCO : la recharge 22 kW, un choix économique pour les pros
L'option 22 kW choisie par Engie Vianeo en Belgique fait écho aux besoins des professionnels suisses. Pour un artisan qui rentre au dépôt chaque soir, installer une borne AC de ce type représente un investissement maîtrisé, rentabilisé rapidement grâce au coût du kWh bien inférieur à celui du carburant. Selon les estimations sectorielles, le coût d'usage d'un véhicule utilitaire électrique peut être inférieur de 30 à 40 % à celui d'un équivalent diesel sur cinq ans, une fois les aides déduites et le coût de la recharge intégré.
Pour un gestionnaire de flotte raisonnant en TCO (coût total de possession), chaque mois de retard dans la transition représente des opportunités d'économies manquées et une dépréciation plus forte du parc thermique existant.
Ce qu'il faut faire maintenant
L'accélération constatée en Belgique ne restera pas isolée. La Suisse suit la même trajectoire, avec ses propres leviers. Professionnels suisses : c'est le moment de réaliser un audit de flotte sérieux, d'identifier les véhicules les plus facilement électrifiables et de vous renseigner précisément sur les aides disponibles dans votre canton. Ne laissez pas vos concurrents prendre de l'avance sur un avantage compétitif aussi tangible que le coût d'exploitation.
D'après Electrive EU (BE)