Une grande enquête menée outre-Rhin vient de confirmer ce que beaucoup pressentaient : le véhicule électrique n'est plus perçu comme un choix de niche dans les flottes d'entreprise. Pour les PME, artisans et gestionnaires de parcs automobiles en Belgique, ce signal européen arrive au meilleur moment — celui où les incitants fiscaux locaux n'ont jamais été aussi puissants.

Ce que dit l'enquête : l'électrique à égalité avec l'essence

Commandée par MHC Mobility et réalisée par Omniquest auprès d'environ 1 000 salariés allemands, cette étude dresse un état des lieux inédit des préférences en matière de véhicules de fonction. Le chiffre le plus marquant : 46 % des répondants préfèrent un véhicule électrique pour les flottes futures, contre 46 % pour un moteur essence. Une parfaite égalité qui signe un tournant culturel dans un pays pourtant historiquement attaché au moteur thermique.

Autre enseignement fort : 59 % des répondants plébiscitent au moins une motorisation électrifiée — que ce soit 100 % batterie ou hybride. Preuve que l'électrification n'est plus une contrainte subie, mais une préférence assumée. Par ailleurs, 45 % des personnes interrogées citent les faibles coûts comme critère déterminant dans le choix du véhicule de flotte, devant le confort ou le prestige. Le TCO (coût total de possession) est donc devenu l'arbitre central de la décision.

Enfin, l'enquête rappelle que 64 % des entreprises interrogées disposent de véhicules de fonction, et que pour 79 % des répondants, la nécessité professionnelle reste la priorité absolue — la voiture de société comme outil de fidélisation n'arrive qu'en second plan, cité par 21 % des salariés.

Belgique : ce que ça change pour votre flotte

Si la tendance allemande est parlante, le contexte belge offre des raisons encore plus concrètes de passer à l'électrique. La Belgique dispose aujourd'hui de l'un des cadres fiscaux les plus incitatifs d'Europe pour les véhicules de société zéro émission :

  • Déductibilité fiscale à 100 % pour les véhicules électriques achetés jusqu'en 2027 — un avantage direct sur le bénéfice imposable de l'entreprise.
  • Avantage en nature (ATN) fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège la charge fiscale du salarié bénéficiaire.
  • Prime PIVERT en Wallonie : jusqu'à 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf.
  • Prime régionale à Bruxelles : jusqu'à 4 000 € pour un véhicule électrique.
  • Prime Ecoscore en Flandre : progressive selon le niveau d'émissions du véhicule.

Ajoutez à cela l'extension progressive des zones de basses émissions (LEZ) à Bruxelles, Anvers et Gand, qui va mécaniquement pénaliser les véhicules thermiques circulant en zone urbaine — un risque opérationnel réel pour toute flotte non électrifiée. Et n'oubliez pas l'obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030 : mieux vaut anticiper dès aujourd'hui.

TCO : l'électrique, vraiment moins cher en Belgique ?

C'est la question que tout gestionnaire de flotte se pose légitimement. En intégrant les aides disponibles, la déductibilité fiscale et les coûts énergétiques, le TCO d'un véhicule électrique de flotte devient compétitif face à l'essence, voire inférieur sur des cycles de 3 à 4 ans. Les économies proviennent de plusieurs leviers :

  • Coût au kilomètre électrique nettement inférieur à celui de l'essence, surtout si la recharge est réalisée sur site ou à domicile.
  • Entretien réduit : pas de vidange, moins de pièces d'usure (embrayage, courroie de distribution).
  • Valeur résiduelle en progression pour les modèles électriques récents sur le marché belge de l'occasion.

Selon les estimations du secteur, le surcoût d'achat d'un véhicule électrique par rapport à son équivalent essence peut être amorti en 2 à 3 ans pour un usage professionnel intensif, en tenant compte des aides régionales et des avantages fiscaux fédéraux.

Ce que vous devriez faire maintenant

Le signal envoyé par l'enquête allemande n'est pas anecdotique : il reflète une évolution structurelle des mentalités dans les flottes professionnelles à l'échelle européenne. En Belgique, les conditions sont réunies pour agir sans attendre :

  • Auditez votre flotte actuelle et identifiez les véhicules éligibles au remplacement d'ici 2027 pour bénéficier de la déductibilité à 100 %.
  • Renseignez-vous sur les primes régionales disponibles dans votre zone d'activité (Wallonie, Bruxelles ou Flandre).
  • Anticipez l'infrastructure de recharge sur vos sites : les délais d'installation et de raccordement au réseau peuvent dépasser plusieurs mois.
  • Intégrez le TCO électrique dans vos comparatifs d'achat ou de leasing, en incluant les économies fiscales.

L'égalité électrique-essence dans les préférences des salariés européens n'est pas une fin, c'est un point de départ. Pour les entreprises belges qui hésitent encore, le cadre incitatif actuel constitue une fenêtre d'opportunité à ne pas manquer.

D'après Elektroauto News CH