En Allemagne, le basculement est en train de se produire : pour la première fois, autant de salariés souhaitent un véhicule électrique qu'un véhicule essence dans leur flotte d'entreprise. C'est le résultat frappant d'une enquête commandée par MHC Mobility et réalisée par Omniquest auprès d'environ 1 000 employés allemands. Un signal que les DRH, PME et gestionnaires de flotte français feraient bien d'intégrer dès maintenant dans leur stratégie.
Ce que dit vraiment l'enquête : les chiffres clés
Le premier enseignement de cette étude, c'est la prévalence du véhicule de fonction dans le monde professionnel allemand : 64 % des entreprises sondées en disposent, et 41 % des salariés interrogés y ont personnellement accès. La voiture de société reste donc un outil de travail central, pas un simple avantage symbolique.
Sur les motivations, les répondants sont lucides : 79 % jugent la nécessité professionnelle comme critère prioritaire, contre seulement 21 % qui y voient d'abord un levier de fidélisation ou de motivation. Le véhicule de fonction est avant tout utilitaire — ce qui devrait guider les décisions de renouvellement.
Côté motorisation, le verdict est historique : 46 % des sondés préfèrent un véhicule électrique, 46 % un moteur essence. L'égalité parfaite. Et si l'on élargit à toutes les options électrifiées (hybrides inclus), 59 % des répondants penchent pour une motorisation électrifiée. La coût reste le nerf de la guerre : 45 % citent les faibles coûts d'utilisation comme facteur décisif dans le choix du véhicule.
France : ce que ça change pour votre flotte
Le contexte français offre aujourd'hui des leviers fiscaux et réglementaires particulièrement favorables au passage à l'électrique en entreprise. Voici ce que les gestionnaires de flotte doivent avoir en tête :
- Bonus écologique entreprise : jusqu'à 9 000 € à l'achat d'un véhicule électrique neuf (sous conditions), un coup de pouce direct sur le TCO.
- Suramortissement de 40 % sur les véhicules propres, calculé sur une base plafonnée à 30 000 €, soit une déduction fiscale supplémentaire pouvant atteindre 12 000 € — un avantage inaccessible aux motorisations thermiques.
- Taxe annuelle sur les émissions CO₂ (ex-TVS) : les véhicules émettant moins de 20 g/km de CO₂ sont pratiquement exonérés, là où un véhicule essence classique peut générer plusieurs centaines d'euros de taxe par an.
- ZFE-m dans 43 agglomérations : Paris, Lyon, Marseille… Les véhicules Crit'Air 3 et au-delà sont progressivement interdits de circulation dans ces zones. Pour une PME dont les salariés interviennent en ville, conserver un parc thermique ancien devient un risque opérationnel réel.
- CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) : ils permettent de cofinancer l'installation de bornes de recharge sur site d'entreprise, réduisant significativement l'investissement initial en infrastructure.
Sur le plan du TCO (coût total de possession), un véhicule électrique de segment C ou D amorti sur 4 ans affiche selon les estimations un coût kilométrique inférieur à son équivalent essence dès lors que les aides à l'achat sont intégrées, que la recharge s'effectue principalement sur site et que la fiscalité sur les émissions est prise en compte. La comparaison doit toutefois être faite au cas par cas selon l'usage réel du véhicule.
Quelles leçons pour les entreprises françaises ?
L'enseignement principal de cette enquête allemande est culturel autant que technique : les salariés sont prêts. La résistance au changement — souvent évoquée comme frein principal — s'érode. En France, la dynamique est similaire, portée par la visibilité croissante des bornes de recharge et la diversification de l'offre constructeurs sur les segments dédiés aux professionnels.
Pour les PME et artisans, la transition peut sembler complexe, mais les dispositifs publics actuels n'ont jamais été aussi favorables. Le bon moment pour agir, c'est maintenant : les aides sont conditionnées à des enveloppes budgétaires qui peuvent évoluer, et les contraintes ZFE, elles, sont inéluctables.
Concrètement : commencez par auditer les usages réels de votre flotte (kilométrage quotidien, zones d'intervention, accès à la recharge), puis comparez le TCO net d'aides entre thermique et électrique sur votre durée d'amortissement habituelle. Les résultats pourraient vous surprendre.
D'après Elektroauto News CH