À partir de juin 2026, le Royaume-Uni franchit une étape décisive : les fourgons électriques compris entre 3,5 et 4,25 tonnes seront exemptés des obligations liées aux poids lourds — fini le test HGV, fini le tachygraphe obligatoire. Une décision qui simplifie radicalement la vie des opérateurs de flottes. Et si la Suisse s'en inspirait ?
Ce que le Royaume-Uni change concrètement à partir de juin 2026
Aujourd'hui, un véhicule utilitaire dépassant les 3,5 tonnes tombe dans la catégorie des poids lourds au Royaume-Uni, avec tout ce que cela implique : permis spécifique pour les conducteurs, tachygraphe homologué à bord, et contraintes administratives significatives. En supprimant ces exigences pour les fourgons électriques jusqu'à 4,25 tonnes, Londres crée une zone franche réglementaire pour cette catégorie.
La logique est limpide : les batteries des grands fourgons électriques alourdissent structurellement le véhicule. Pour ne pas pénaliser les opérateurs qui franchissent involontairement le seuil des 3,5 t uniquement à cause du pack batterie, les autorités britanniques choisissent d'adapter la norme à la technologie — et non l'inverse. C'est une approche pragmatique qui mérite attention.
Suisse : ce que ça change (et ce qui reste à faire)
La Confédération helvétique n'a pas encore emboîté le pas, mais le contexte pousse dans cette direction. L'objectif fédéral de 50 % de nouveaux véhicules électriques d'ici 2030 crée une pression réelle sur les importateurs et les gestionnaires de flottes. Or, pour les artisans et les PME, l'hésitation à passer à l'électrique sur les gros utilitaires tient souvent à deux freins : le coût d'achat et la complexité réglementaire.
Sur le plan des aides, la Suisse offre des leviers cantonaux non négligeables. Les cantons de Vaud et Genève versent jusqu'à 3 000 CHF de bonus à l'achat, Berne propose 2 000 CHF, et de nombreux cantons accordent une exonération ou une réduction de l'impôt sur les véhicules. Sans oublier que le franc fort rend les véhicules importés de la zone euro compétitifs à l'achat — un avantage concret au moment de renouveler une flotte.
En revanche, la réglementation suisse sur les catégories de permis et les équipements obligatoires au-delà de 3,5 t reste alignée sur les normes européennes classiques. Aucune exemption analogue à la mesure britannique n'est à ce jour prévue. Pour les opérateurs qui envisagent des fourgons électriques dans cette tranche de poids, la contrainte du permis C1 et du tachygraphe demeure entière. C'est précisément là que le débat devrait s'ouvrir à Berne.
Impact TCO : ce que les chiffres suggèrent pour une flotte suisse
Le coût total de possession (TCO) d'un grand fourgon électrique en Suisse est influencé par plusieurs facteurs favorables. L'énergie électrique coûte selon les estimations entre deux et trois fois moins cher par kilomètre que le diesel, notamment grâce aux tarifs noctiques proposés par certains opérateurs comme SwissCharge ou EVPASS. L'entretien mécanique réduit (pas de vidange, moins de pièces d'usure) allège le budget sur la durée.
Mais si les conducteurs d'un fourgon de 3,8 t doivent détenir un permis C1 et que le véhicule impose un tachygraphe, les coûts de formation et d'équipement viennent éroder cet avantage. Une simplification réglementaire à la suisse — même partielle — pourrait améliorer le TCO de façon significative pour les petites structures sans service RH dédié.
Ce que les gestionnaires de flottes suisses doivent faire dès maintenant
Sans attendre une éventuelle réforme helvétique, plusieurs actions concrètes s'imposent. Premièrement, cartographier votre flotte actuelle pour identifier les véhicules proches du seuil des 3,5 t : ce sont eux qui bénéficieraient en premier d'une évolution réglementaire. Deuxièmement, comparer les offres de fourgons électriques dans la tranche 3,5-4,25 t disponibles sur le marché suisse — plusieurs constructeurs européens y positionnent déjà des modèles. Troisièmement, solliciter les aides cantonales disponibles avant toute décision d'achat : les enveloppes sont limitées et souvent attribuées par ordre de demande.
La décision britannique ne s'applique pas en Suisse, mais elle fixe un cap. Les opérateurs qui anticipent dès aujourd'hui — en testant des véhicules électriques dans cette catégorie, en formant leurs conducteurs, en négociant des contrats d'énergie adaptés — seront les mieux positionnés si la réglementation fédérale évolue dans ce sens.
D'après Electrive EN