Le développement du leasing de véhicules électriques génère mécaniquement un flux croissant de véhicules d'occasion sur le marché. Pour les gestionnaires de flottes belges, PME et artisans, cette dynamique est loin d'être anecdotique : elle redéfinit la structure des coûts, les stratégies d'acquisition et les opportunités fiscales à saisir avant 2027. Voici ce que vous devez comprendre — et ce que vous pouvez faire dès maintenant.

Le leasing comme fabrique de l'occasion électrique

C'est une logique simple mais souvent sous-estimée : chaque contrat de leasing qui arrive à échéance remet sur le marché un véhicule électrique de deux à quatre ans. Max Nastold, directeur général de KazenMaier Leasing, le résume clairement : pour que ce marché soit sain et lisible, les véhicules de location doivent traverser au moins deux à trois cycles de vie. En d'autres termes, un véhicule ne peut pas disparaître dans la nature après un seul contrat — il doit être revendu, re-loué, ou intégré dans une flotte secondaire.

Ce principe est crucial pour les professionnels belges. Un marché de l'occasion structuré, c'est une valeur résiduelle prévisible, donc un TCO (coût total de possession) plus fiable au moment de budgétiser une flotte. Sans cette profondeur de marché, les incertitudes sur la dépréciation restent le principal frein à la décision d'électrification.

Autre enseignement concret : les usages quotidiens de 20 à 30 kilomètres ne nécessitent pas une autonomie étendue. Pour un artisan ou une PME dont les véhicules font des rondes locales, un électrique d'occasion de gamme intermédiaire peut parfaitement répondre au besoin — à un coût d'entrée nettement inférieur au neuf.

TCO électrique : ce que disent les chiffres

Pour une utilisation annuelle de 40 000 kilomètres, les économies sur les coûts variables (carburant, entretien, fluides) sont estimées à environ 3 000 euros par an par rapport à un véhicule thermique équivalent. Sur la durée d'un contrat de leasing standard de trois ans, cela représente une économie potentielle de 9 000 euros — un argument de poids pour toute PME qui raisonne en coût global.

À titre d'illustration, Max Nastold lui-même a parcouru quelque 9 500 kilomètres en 56 jours avec son véhicule électrique en début d'année — soit une moyenne journalière compatible avec les usages professionnels les plus intensifs. La praticabilité au quotidien n'est plus à démontrer.

Belgique : ce que ça change pour votre flotte

Le contexte belge est particulièrement favorable à l'électrification des flottes professionnelles, à condition d'agir avant les échéances réglementaires :

  • Déductibilité fiscale à 100 % pour les véhicules zéro émission achetés jusqu'en 2027 — au-delà, ce taux diminuera progressivement.
  • Avantage ATN (Avantage de Toute Nature) fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège la charge fiscale des employés bénéficiaires.
  • Primes régionales cumulables : jusqu'à 4 500 € en Wallonie (prime PIVERT), jusqu'à 4 000 € à Bruxelles, et une prime Ecoscore progressive en Flandre selon le niveau d'émissions.
  • LEZ (Low Emission Zones) déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, avec des extensions prévues — tout véhicule thermique vieillissant dans une flotte urbaine est un risque opérationnel croissant.
  • Obligation d'infrastructure de recharge en entreprise dès 2030 : anticiper l'installation de bornes, c'est aussi valoriser son patrimoine immobilier professionnel.

Pour une PME bruxelloise ou wallonne, le cumul des aides régionales avec la déductibilité fiscale fédérale peut représenter une réduction significative du coût d'acquisition net — rendant l'électrique neuf, voire reconditionné, immédiatement compétitif face au thermique.

Ce que vous devez faire maintenant

La fenêtre d'opportunité est ouverte, mais elle se referme progressivement. Voici les actions concrètes à engager :

  • Auditez votre flotte : identifiez les véhicules dont les contrats arrivent à échéance dans les 12 à 24 mois et anticipez leur remplacement électrique.
  • Consultez votre conseiller fiscal pour maximiser la déductibilité avant 2027 et optimiser l'ATN de vos collaborateurs.
  • Renseignez-vous sur les primes régionales disponibles dans votre zone — les dispositifs PIVERT, Bruxelles et Ecoscore sont cumulables avec des aides fédérales dans certains cas.
  • Planifiez votre infrastructure de recharge dès maintenant, pour anticiper l'obligation de 2030 et bénéficier d'éventuelles aides à l'installation.
  • Explorez le marché de l'occasion électrique : des véhicules de un à trois ans, issus de flottes leasées, offrent un excellent rapport valeur/coût pour des usages de courte et moyenne distance.

Le marché belge de l'occasion électrique est encore en construction — mais c'est précisément maintenant que les professionnels avisés peuvent s'y positionner favorablement, avant que la demande ne fasse monter les prix.

D'après Elektroauto News CH