L'Allemagne vient de revoir en profondeur sa loi sur l'infrastructure de recharge dans les bâtiments, le GEIG. Si cette réforme concerne d'abord nos voisins allemands, elle envoie un signal fort à toute l'Europe : la flexibilité devient la nouvelle règle du jeu pour les commerces, tandis que les obligations se durcissent pour de nombreux propriétaires. En Belgique, où l'échéance de 2030 pour les entreprises approche, ce signal mérite d'être pris au sérieux.
Ce que change la révision du GEIG en Allemagne
Le Gebäude-Elektromobilitätsinfrastruktur-Gesetz, plus connu sous l'acronyme GEIG, encadre en Allemagne les obligations d'équipement en bornes de recharge pour les bâtiments résidentiels, tertiaires et commerciaux. La réforme tout juste adoptée par le gouvernement allemand introduit une double logique :
- Plus de souplesse pour les commerçants disposant déjà de bornes accessibles au public : ils pourront désormais planifier leur infrastructure de manière plus progressive, en adaptant le déploiement à la réalité de leur fréquentation et de leurs capacités électriques.
- Des obligations renforcées pour de nombreux propriétaires de bâtiments, notamment dans le secteur non résidentiel, qui devront prévoir un pré-équipement plus systématique lors de travaux de rénovation ou de construction.
Le texte révisé doit entrer en vigueur très prochainement. Cette approche "flex mais ferme" pourrait bien inspirer d'autres législateurs européens, à commencer par ceux qui peaufinent encore leurs transpositions des directives européennes sur la performance énergétique des bâtiments.
Belgique : ce que ça change pour vous dès maintenant
La Belgique n'a pas attendu l'Allemagne pour poser ses propres jalons, mais le calendrier s'accélère. Dès 2030, les entreprises belges auront l'obligation de disposer d'une infrastructure de recharge adaptée à leur parc de véhicules. Pour un particulier salarié ou indépendant, cela signifie concrètement que votre employeur — ou votre propre société — devra être prêt à recharger les véhicules de société électriques sur site.
Et les incitations pour franchir le pas dès aujourd'hui sont nombreuses :
- Déductibilité fiscale à 100 % pour tout véhicule zéro émission acheté jusqu'en 2027 : un avantage considérable pour les indépendants et les PME qui envisagent de passer à l'électrique.
- Avantage en nature (ATN) fortement réduit pour les voitures de société électriques, ce qui allège sensiblement la facture fiscale du salarié bénéficiaire.
- En Wallonie, la prime PIVERT peut atteindre 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf.
- À Bruxelles, une prime régionale allant jusqu'à 4 000 € est accessible sous conditions.
- En Flandre, le système de prime Ecoscore récompense progressivement les véhicules les moins émetteurs.
Ajoutez à cela l'extension progressive des LEZ (Low Emission Zones) à Bruxelles, Anvers et Gand : rouler en thermique dans ces zones va coûter de plus en plus cher, voire devenir impossible dans certains périmètres d'ici la fin de la décennie.
TCO : l'électrique, vraiment plus rentable en Belgique ?
Le coût total de possession (TCO) est l'indicateur clé pour tout acheteur rationnel. En Belgique, la combinaison des aides régionales, de la déductibilité fiscale et d'un coût de recharge domestique encore compétitif par rapport au carburant rend le bilan globalement favorable à l'électrique — surtout pour un usage mixte domicile-travail avec recharge sur borne privée ou en entreprise.
Selon les estimations des professionnels du secteur, un véhicule électrique de gamme intermédiaire peut afficher un TCO sur 4 ans inférieur de 15 à 25 % à un équivalent thermique, une fois intégrées les aides disponibles et la déductibilité fiscale. Cette fourchette reste à affiner selon votre profil d'usage et votre région, mais la tendance de fond est claire.
La leçon allemande est ici précieuse : attendre la contrainte réglementaire coûte toujours plus cher qu'anticiper. Les commerçants et propriétaires de bâtiments qui ont investi tôt dans leur infrastructure de recharge bénéficient aujourd'hui de la souplesse accordée par la réforme du GEIG. En Belgique, la fenêtre d'opportunité fiscale — notamment la déductibilité à 100 % — se referme en 2027.
Ce qu'il faut faire maintenant
Si vous êtes particulier et envisagez de passer à l'électrique, voici les trois réflexes à adopter dès aujourd'hui :
- Vérifiez votre éligibilité aux primes régionales (PIVERT en Wallonie, prime bruxelloise, Ecoscore en Flandre) avant tout achat : les plafonds de revenus et les conditions varient d'une région à l'autre.
- Interrogez votre employeur sur son plan d'infrastructure de recharge à horizon 2030 : une borne au bureau peut faire toute la différence dans votre TCO quotidien.
- Anticipez l'extension des LEZ dans votre ville : si vous circulez régulièrement à Bruxelles, Anvers ou Gand, le compteur des futures restrictions tourne déjà.
D'après Electrive DE