L'été 2026 approche, et avec lui la question du coût réel des longs trajets en Europe. Une analyse comparative portant sur les principales routes depuis la Belgique, le Luxembourg et la Suisse révèle un avantage économique clair pour les véhicules électriques sur les grands axes autoroutiers. Pour les gestionnaires de flottes, artisans et PME basés en Suisse, ces chiffres méritent une lecture attentive — et une mise en perspective avec le contexte local.

Des écarts de coût qui parlent d'eux-mêmes

Les données compilées sur les trajets estivaux 2026 sont sans ambiguïté. Sur le corridor Bruxelles–Nice (1 120 km), un véhicule électrique revient à 136 euros, contre 178 euros pour un diesel, soit une économie de 42 euros. Sur le trajet Bruxelles–Barcelone (1 270 km), l'écart grimpe à 46 euros (156 € en électrique vs 202 € en diesel). Même constat au départ du Luxembourg vers Nice (1 050 km) : 127 euros en électrique contre 167 euros en diesel.

Ces comparaisons intègrent les coûts de recharge sur autoroute, notamment via le réseau Ionity, qui couvre désormais l'ensemble des grands corridors européens avec une station disponible tous les 120 km environ. Pour un véhicule de société parcourant régulièrement de longues distances, ces écarts de coût s'accumulent très rapidement sur une année.

TCO : ce que ça change vraiment pour une flotte suisse

Au-delà du coût du carburant ou de la recharge, le coût total de possession (TCO) d'un véhicule électrique intègre plusieurs leviers favorables en Suisse. Le franc suisse fort rend les véhicules importés de la zone euro particulièrement compétitifs à l'achat, réduisant d'emblée le différentiel de prix à l'acquisition par rapport aux modèles thermiques.

À cela s'ajoute un avantage souvent sous-estimé : l'exonération ou la réduction de l'impôt sur les véhicules dans de nombreux cantons suisses. Combinée à une maintenance généralement moins coûteuse (pas de vidange, moins de pièces d'usure), la facture globale d'un électrique sur 4 à 5 ans devient très compétitive. Pour une PME gérant plusieurs véhicules, l'impact sur la trésorerie est tangible dès la première année d'exploitation.

Suisse : ce que ça change pour les professionnels locaux

La Suisse n'a pas de Zone à Faibles Émissions (ZFE) nationale, mais la pression réglementaire est réelle : l'objectif fédéral vise 50 % de nouveaux véhicules électriques d'ici 2030, et les importateurs sont soumis à des objectifs CO₂ stricts. Pour les entreprises, anticiper cette transition est une décision stratégique autant qu'économique.

Côté aides, les cantons jouent un rôle clé :

  • Vaud et Genève : jusqu'à 3 000 CHF de bonus cantonal pour l'achat d'un véhicule électrique neuf
  • Berne : jusqu'à 2 000 CHF de soutien cantonal
  • De nombreux autres cantons proposent des réductions sur l'impôt automobile annuel

Le réseau de recharge est également bien développé dans les grandes agglomérations, grâce aux opérateurs SwissCharge et EVPASS, facilitant l'usage quotidien des véhicules électriques de flotte en milieu urbain et péri-urbain. Pour les déplacements transfrontaliers — vers Lyon, Milan ou Fribourg-en-Brisgau — les corridors Ionity assurent la continuité du réseau rapide.

À titre de comparaison, la Belgique offre une déductibilité fiscale à 100 % sur les véhicules électriques pour les entreprises jusqu'en 2027, et le Luxembourg propose une subvention allant jusqu'à 8 000 euros. La Suisse n'atteint pas ces niveaux, mais la combinaison bonus cantonal + exonération fiscale + CHF fort constitue un package attractif pour les professionnels qui passent à l'acte.

Ce qu'il faut faire maintenant

Pour les gestionnaires de flottes et dirigeants de PME suisses, le message est clair : les économies sur les trajets longue distance existent, elles sont mesurables, et elles s'inscrivent dans un TCO global favorable. La bonne démarche consiste à auditer dès maintenant les usages kilométriques de votre flotte, à identifier les véhicules les plus consommateurs et à simuler le gain potentiel en basculant vers l'électrique — en intégrant les aides disponibles dans votre canton.

L'été 2026 peut être une occasion concrète de tester la performance réelle de l'électrique sur de longs trajets, avant de généraliser la démarche à l'ensemble de votre parc.

D'après Electrive EN