Un corridor de 1 000 kilomètres entre Paris et Berlin, parcouru par quatre camions électriques de grandes marques : c'est le signal fort qu'envoie Milence avec l'inauguration de son nouveau hub de recharge près de Kassel-Lohfelden, en Allemagne. Pour les transporteurs et gestionnaires de flottes français, cet événement n'est pas qu'une vitrine technologique — c'est un indicateur concret de la maturité opérationnelle du transport longue distance électrique.

Un hub stratégique au cœur de l'Europe

Le nouveau site Milence installé à proximité de Kassel-Lohfelden n'a pas été choisi au hasard. Positionné sur l'un des axes autoroutiers les plus fréquentés d'Europe centrale, il constitue un maillon essentiel pour tout transporteur qui relie la France à l'Europe du Nord ou de l'Est. C'est précisément sur cet itinéraire que le circuit de démonstration a été organisé : 1 000 kilomètres de Paris à Berlin, avec quatre camions électriques de Daimler Truck, MAN, Volvo Trucks et Renault Trucks.

Ce type d'exercice grandeur nature dépasse le simple coup de communication. Il valide — sur route réelle, avec des contraintes météorologiques et logistiques concrètes — que des poids lourds électriques peuvent aujourd'hui enchaîner les étapes sur un corridor international, à condition que l'infrastructure de recharge soit au rendez-vous. C'est justement là que le déploiement de Milence prend tout son sens.

France : ce que ça change pour vos opérations

Pour un transporteur ou une PME française opérant sur des axes internationaux, ce développement soulève une question centrale : à quel moment basculer vers l'électrique devient-il rentable ? Plusieurs signaux réglementaires et financiers plaident pour une accélération dès maintenant.

  • ZFE-m et contraintes d'accès : 43 agglomérations françaises, dont Paris, Lyon et Marseille, imposent des restrictions progressives aux véhicules Crit'Air 3 et au-delà. Pour les flottes de livraison urbaine ou périurbaine, l'électrique n'est plus une option — c'est une nécessité opérationnelle à horizon proche.
  • Suramortissement 40 % : les entreprises qui investissent dans des véhicules propres bénéficient d'un suramortissement de 40 % (sur une base plafonnée à 30 000 €). Sur un poids lourd électrique dont le surcoût à l'achat reste significatif, cet avantage fiscal allège concrètement le bilan comptable de l'investissement.
  • CEE pour les bornes : les Certificats d'Économie d'Énergie permettent de financer une partie de l'infrastructure de recharge en entreprise. Pour un dépôt ou un parc de camions, c'est un levier souvent sous-exploité.
  • Taxe annuelle sur les émissions CO₂ : depuis le remplacement de la TVS, les véhicules émettant moins de 20 g/km bénéficient d'un avantage fiscal fort, directement répercutable sur le TCO annuel de la flotte.

Sur le plan du coût total de possession (TCO), les estimations sectorielles convergent vers une parité progressive avec le thermique d'ici 2027-2028 pour les usages régionaux, à mesure que les prix des batteries baissent et que les aides restent en place. Sur le longue distance international, le déploiement d'hubs comme celui de Milence est précisément la condition manquante — en train d'être comblée.

Renault Trucks dans la boucle : un avantage pour les acheteurs français

La participation de Renault Trucks à ce circuit de démonstration mérite une attention particulière pour les acheteurs français. Le constructeur lyonnais, déjà bien implanté dans les réseaux de distribution hexagonaux, figure parmi les quatre marques ayant validé ce corridor Paris-Berlin. Pour un gestionnaire de flotte cherchant à électrifier progressivement ses lignes longues, c'est un gage supplémentaire de viabilité — et un argument de négociation avec son concessionnaire pour anticiper les prochaines commandes.

Anticiper plutôt que subir : le bon timing pour agir

Le déploiement d'infrastructures comme celles de Milence suit une logique de corridors prioritaires : là où le trafic de poids lourds est le plus dense, les hubs arrivent en premier. La France, porte d'entrée ouest de l'Europe, sera inévitablement dans la prochaine vague. Les transporteurs qui auront déjà formé leurs équipes, testé des véhicules électriques sur leurs lignes et capté les aides disponibles partiront avec une longueur d'avance décisive.

Concrètement : si vous gérez une flotte de camions en France, c'est le moment de demander à votre constructeur habituel un devis sur les modèles électriques disponibles, de simuler votre éligibilité au suramortissement et aux CEE, et d'identifier les ZFE qui impactent vos tournées dans les 18 prochains mois.

D'après Electrive EU (BE)