En Allemagne, les conducteurs de véhicules électriques vont pouvoir toucher jusqu'à 400 euros en 2026 grâce à la prime THG — un mécanisme de compensation carbone qui récompense directement les particuliers pour leur choix de mobilité propre. Un signal fort outre-Rhin, qui mérite qu'on s'y arrête, même si la Belgique n'a pas (encore) développé de dispositif équivalent. Car en matière d'incitants à l'électromobilité, les deux pays empruntent des chemins très différents.
La prime THG, c'est quoi exactement ?
La THG-Quote (Treibhausgasminderungsquote) est un mécanisme légal allemand qui oblige les distributeurs de carburants fossiles à compenser une partie de leurs émissions en achetant des certificats verts. Ces certificats peuvent être générés par les propriétaires de véhicules électriques, sur la base d'une consommation standardisée de 2 000 kWh par an depuis des bornes de recharge privées.
En 2026, le quota légal est fixé à 12 %. Concrètement, un conducteur peut opter pour trois formules proposées par des intermédiaires spécialisés comme Geld für eAuto :
- Prime garantie : 380 € versés de manière sécurisée
- Prime express : 330 € versés en moins de 7 jours
- Prime risque : jusqu'à 400 € selon les cours du marché des certificats
À noter que ce système est réservé aux véhicules 100 % électriques à batterie. Les hybrides rechargeables (PHEV), les véhicules à hydrogène et au gaz naturel en sont explicitement exclus. Par ailleurs, le dispositif a été fragilisé par des fraudes identifiées — certificats contrefaits en provenance de Chine, biocarburants mal déclarés — ce qui a conduit à une modification législative pour renforcer les contrôles. Avec environ deux millions de véhicules électriques immatriculés en Allemagne, les enjeux financiers du système sont considérables.
Belgique : ce que ça change pour vous
La Belgique ne dispose pas d'un équivalent direct à la THG-Quote. Mais cela ne signifie pas que les conducteurs belges sont laissés pour compte : le pays a construit un écosystème d'incitants solide, articulé autour de plusieurs leviers fiscaux et régionaux.
Du côté fiscal fédéral, les véhicules zéro émission achetés jusqu'en 2027 bénéficient d'une déductibilité fiscale à 100 % pour les indépendants et sociétés — un avantage majeur pour quiconque utilise son véhicule à titre professionnel. L'avantage ATN (avantage de toute nature) est également fortement réduit pour les voitures de société électriques, rendant le leasing EV particulièrement attractif.
Côté régional, les primes varient selon votre lieu de résidence :
- Wallonie : prime PIVERT jusqu'à 4 500 € pour l'achat d'un véhicule électrique neuf
- Bruxelles : prime régionale jusqu'à 4 000 € pour un véhicule électrique
- Flandre : prime Ecoscore progressive selon le niveau d'émissions du véhicule
À ces aides s'ajoutent les zones de basses émissions (LEZ) déjà actives à Bruxelles, Anvers et Gand, dont l'extension est prévue — une pression supplémentaire pour anticiper la transition. Enfin, les entreprises devront se conformer à une obligation d'infrastructure de recharge dès 2030.
TCO : ce que les aides belges valent vraiment face à la prime allemande
Comparer la prime THG allemande aux aides belges n'est pas un exercice purement académique. En termes de coût total de possession (TCO), les dispositifs belges sont en réalité bien plus généreux sur la durée, même s'ils sont moins "visibles" qu'un virement de 400 € sur un compte bancaire.
À titre d'illustration : un particulier wallon qui achète un véhicule électrique neuf peut cumuler jusqu'à 4 500 € de prime PIVERT avec les économies liées à la recharge (l'électricité restant moins chère que l'essence au kilomètre, selon les estimations du marché). Sur cinq ans, l'avantage financier total dépasse largement les 400 € annuels de la THG-Quote. La différence, c'est que ces gains sont moins directs, plus étalés, et soumis à des conditions d'éligibilité spécifiques.
Ce que le modèle allemand enseigne, en revanche, c'est la valeur pédagogique d'un signal financier simple et récurrent : chaque année, le conducteur EV perçoit une récompense tangible. Une logique que les pouvoirs publics belges pourraient s'inspirer pour renforcer l'adhésion à la mobilité électrique.
Ce que les conducteurs belges doivent retenir
Si vous êtes en Belgique et que vous hésitez encore à passer à l'électrique, le contexte n'a jamais été aussi favorable. Voici les actions concrètes à envisager dès maintenant :
- Vérifiez votre éligibilité régionale : la prime PIVERT en Wallonie ou la prime bruxelloise peuvent couvrir une part significative de votre achat.
- Anticipez les LEZ : si vous circulez régulièrement à Bruxelles, Anvers ou Gand, un véhicule thermique récent pourrait être exclu dans les prochaines années.
- Calculez votre TCO sur 5 ans : intégrez les économies de carburant, les avantages fiscaux et les primes régionales pour une vision complète du retour sur investissement.
- Optez pour un véhicule 100 % électrique : les PHEV et véhicules à gaz sont exclus de la THG-Quote allemande, et certains avantages belges leur sont également moins favorables.
La prime THG allemande est un beau thermomètre de la maturité du marché électrique outre-Rhin. En Belgique, les outils existent — encore faut-il les activer au bon moment.
D'après Elektroauto News CH