En Allemagne, les conducteurs de voitures électriques vont toucher jusqu'à 400 euros en 2026 grâce à la prime THG, un mécanisme de valorisation des quotas carbone lié à la recharge privée. Un dispositif qui n'a pas encore d'équivalent direct en France, mais qui illustre à quel point l'électromobilité peut devenir une source de revenus passifs. De quoi alimenter la réflexion des automobilistes français tentés par le passage à l'électrique.
La prime THG, c'est quoi exactement ?
La THG-Quote (Treibhausgasminderungsquote) est un mécanisme légal allemand obligeant les distributeurs de carburants fossiles à compenser une partie de leurs émissions de CO₂ en achetant des certificats verts. Ces certificats peuvent être générés par les propriétaires de véhicules électriques, dont la recharge à domicile est comptabilisée comme une contribution à la décarbonation du secteur des transports.
Concrètement, le système repose sur une consommation standardisée de 2 000 kWh par an depuis des points de charge privés — une base forfaitaire, indépendante de l'usage réel du véhicule. Pour 2026, le quota légal est fixé à 12 %, ce qui détermine la valeur des certificats sur le marché.
L'opérateur Geld für eAuto propose trois formules aux conducteurs électriques :
- Prime garantie : 380 € — versement sécurisé, sans risque de marché.
- Prime express : 330 € — versement sous 7 jours, pour ceux qui préfèrent la rapidité.
- Prime risque : jusqu'à 400 € — montant variable selon les cours du marché des certificats carbone.
À noter : les véhicules hybrides rechargeables (PHEV), à hydrogène et au gaz naturel sont exclus du dispositif. Seuls les véhicules 100 % électriques sont éligibles. Avec environ deux millions de VE immatriculés en Allemagne, l'enjeu financier est considérable — et le système n'est pas sans failles : des fraudes ont été détectées, notamment via des certificats contrefaits en provenance de Chine et des biocarburants mal déclarés, ce qui a conduit à une modification législative spécifique.
France : ce que ça change pour les conducteurs de VE
La France ne dispose pas d'un équivalent direct à la THG-Quote. Pourtant, l'écosystème d'aides françaises reste l'un des plus généreux d'Europe pour l'achat d'un véhicule électrique :
- Bonus écologique : jusqu'à 7 000 € pour les particuliers, 9 000 € pour les entreprises (sous conditions de revenus et d'origine du véhicule).
- Leasing social : à partir de 100 €/mois pour les ménages modestes éligibles, une mesure qui a rencontré un succès massif lors de ses premières éditions.
- Suramortissement de 40 % sur les véhicules propres en entreprise (base plafonnée à 30 000 €), un levier puissant pour les professionnels.
- CEE (Certificats d'Économie d'Énergie) : ils permettent de financer partiellement l'installation de bornes de recharge, notamment en entreprise.
- Taxe annuelle sur les émissions CO₂ (ex-TVS) : avantage fort pour les véhicules émettant moins de 20 g/km, soit la quasi-totalité des VE du marché.
Par ailleurs, les ZFE-m (Zones à Faibles Émissions) concernent désormais 43 agglomérations françaises. L'interdiction progressive des vignettes Crit'Air 3 renforce l'urgence de la transition pour les conducteurs urbains. Un VE ou une voiture électrique d'occasion devient ainsi une solution à la fois économique et réglementaire.
En matière de TCO (coût total de possession), la prime THG allemande représente un gain annuel de l'ordre de 380 à 400 €, soit environ 32 € par mois. En France, des économies comparables peuvent être obtenues via la fiscalité avantageuse sur l'électricité domestique par rapport au carburant, et les exonérations de taxe CO₂ sur les flottes d'entreprise. Selon les estimations, un particulier français passant à l'électrique peut économiser entre 800 et 1 500 € par an sur son carburant, selon son kilométrage annuel.
Vers un mécanisme similaire en France ?
La question mérite d'être posée. Le modèle THG allemand démontre qu'il est possible de rémunérer directement les conducteurs de VE pour leur contribution à la décarbonation, au-delà des seules aides à l'achat. En France, les CEE constituent une amorce de cette logique, mais ils bénéficient surtout aux installateurs de bornes et aux entreprises, pas aux conducteurs individuels.
Des associations et fédérations de mobilité électrique militent pour l'instauration d'un dispositif comparable à la THG-Quote côté français. Si une telle prime venait à s'ajouter aux aides existantes, le TCO du véhicule électrique deviendrait encore plus compétitif face aux motorisations thermiques.
Ce qu'il faut retenir : si vous envisagez de passer à l'électrique en France, ne vous limitez pas au prix d'achat. Bonus, leasing social, économies de carburant, avantages fiscaux et exonération de TVS forment un bouquet d'avantages concret et chiffrable. Demandez un bilan TCO complet à votre concessionnaire ou utilisez les simulateurs en ligne des constructeurs avant de décider.
D'après Elektroauto News CH